___ Chapitre 4 .- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
________Il attendait. Trente minutes qu'il était la, dans cette chambre vide, debout. Il ne voulait s'asseoir nul part, n'avoir aucun contact avec cette pièce inconnue. Alors, il attendait. De toute façon, elle ne devrait pas tarder. Une sorte d'infirmière était passée lui dire que sa mère arriverait d'un moment à l'autre pour lui apporter ses affaires. Il ne lui restait plus qu'à se montrer patient. Toujours debout, il scrutait cette chambre des yeux. Tout était blanc, un lit une place qui semblait aussi confortable qu'un bloc de béton se trouvait contre le mur de droite, avec une table de nuit à sa gauche. En hauteur sur le mur d'en face était accroché un petit écran télé avec juste en dessous, un bureau et une chaise tout ce qu'il y a de plus simple. Et bien sûr, tout ce dont une chambre a besoin, c'est à dire une grande commode pour ranger ses habits et autres objets, un petit fauteuil, une immense fenêtre avec vue sur un parc et même une salle de bain personnelle, séparée de la chambre par une porte. En l'occurence, cette chambre était totalement fonctionnelle, elle ne manquait de rien. Pourtant, Tom ne s'y sentait pas à l'aise. Ici tout était brillant. Propre. Trop propre. Les lieux semblaient stériles. Un peu comme dans les hopitaux. D'ailleurs, ça ressemblait étrangement à un hopital, ce qui ne rassurait pas du tout l'adolescent, quelque peu angoissé.
________La fenêtre laissait constater que la nuit commençait à tomber. Toujours pas de Simone en vue. Toujours pas, jusqu'à ce que dix minutes plus tard, la porte de la chambre s'ouvre sur une femme blonde d'environ la quarantaine, habillée avec beaucoup de classe et à la respiration bruyante, preuve qu'elle était essouflée. Elle était enfin arrivée. Tu vois, qu'elle ne t'as pas abandonné Tom. Ses deux mains étaient chargées de deux énormes valises. Elle avait vraiment pensé à tout. Dans son dos, pouvait même se distinguer un objet à la forme allongée. Un objet que Tom pouvait reconnaitre entre mille. Sa guitare. Mais pas n'importe laquelle, sa toute première guitare. Une magnifique Ibanez folk, encore éclatante de beauté, malgré le poid des années. Il la reconnaissait grâce à son étui. Simone, un large sourire de soulagement sur le visage, posa tous ses bagages à terre et s'empressa d'aller couvrir son fils de baisers, lui déposant quelques traces foncées de rouge à lèvres, un peu partout sur le visage. Aucun d'eux ne parlaient, mais à ce moment précis, parler aurait été inutile et dépourvu de sens. Leur silence voulait tout dire. Simone garda Tom dans ses bras un long moment. Elle avait besoin de ce réconfort, elle avait besoin de le sentir contre elle, de sentir sa présence. Et même si Tom ne lui rendait pas son étreinte, elle s'en fichait. De toute façon, Tom n'avait jamais été très tactile. Pour même dire pas du tout. Par trop de fierté, certainement.
________Ils auraient pu rester comme ça une éternité, mais apparement, quelqu'un en avait decidé autrement. Cette même personne toqua à la porte, puis entra après y avoir été invité. Il s'agissait d'un homme grand et blond, assez jeune et habillé d'une blouse blanche ainsi que d'un pantalon assorti. Son visage clair arborait un joli sourire. Décidement .. A croire qu'ici tout le monde est heureux.
« Bonjour Tom ! Je me présente, je suis Mathieu, mais tu peux m'appeler Matt ! Je m'occupe des ados comme toi, je les aide, le temps qu'ils sont ici. Malheureusement pour toi, tu vas donc devoir me supporter durant les prochains jours. Mais tu verras, c'est cool ici ! Je suis là pour toi, si tu as des questions, je t'écoute. » Mathieu avait dit ça avec un enthousiasme tellement visible qu'il en devenait improbable. Et il souriait encore. Ca risquerait de devenir agaçant, à force.
« .. Où suis-je ? »
________La question de Tom avait jeté un froid. C'est vrai que ça faisait bien une heure qu'il était arrivé ici, et pourtant personne ne lui avait encore dit où il se trouvait, ni dans quel but. Après un léger moment de silence, Mathieu se décida a reprendre la parole.
« Bien, tu es au centre de désintoxication et de redressement pour mineur de Leipzig. Tu ne le savais pas ? »
________Un centre de désintoxication et de redressement .. C'était un centre de désintoxication et de redressement .. Ces mots tournaient dans sa tête à une allure folle. Il avait beau les tourner et les retourner dans tous les sens, il ne leur trouvait aucune explication. Alors ce drôle de bâtiment aux allures d'hopital était en fait un centre pour jeunes à problème ? Impossible. Tout simplement impossible. Tom ne se considérait pas comme un ado à problème. Et pourtant, des problèmes, il en avait à revendre. Et pas des petits. Il n'y a que la vérité qui blesse, c'est bien connu. Puis, plus rien. Un silence. Le silence. Plus personne n'osait parler. Tout le monde attendait la réaction du jeune blond. Tom lui-même attendait sa réaction. Mais le problème était bien la; comment devait-il réagir ? Il était bloqué. Incapable de répondre, de prononçer un seul mot. Mais plus pour très lontemps..
« Quoi !? Un centre de redressement ? C'est quoi ce bordel !? »
« Tom, calme toi s'il-te-plait. » Ordonna Simone fermement, de peur que la situation ne dérape.
________Non, il ne se calmerait pas. Pas cette fois. C'est avec une colère infinie que son poing s'écrasa brutalement contre le mur. Un geste impulsif, pour se défouler. Extérioriser sa rage, voilà ce dont il avait besoin à ce moment précis. Il se sentait.. Trahi. Dénonçé par le monde entier. Le voilà maintenant avec un poignet douloureux et une sérieuse envie de chialer. Comme un gamin. Un gamin perdu et désorienté. Parce que c'est ce qu'il est. Parce que c'est ce que nous sommes tous. L'homme aura beau se croire la créature la plus mature et civilisée de l'univers, il restera toujours un éternel enfant. Un enfant en quête de perfection et de bonheur. Deux sentiments qu'il n'atteindra jamais, quoi qu'il arrive. C'est maintenant qu'arrivent les questions. Par centaines, par milliers. Plein d'interrogations en attente d'une réponse.
« Mais.. Mais pourquoi je suis ici ? Qu'est-ce que j'ai fait !? Et vous êtes qui vous d'abord !? Merde quoi ! » Cria Tom, toujours sous l'emprise de la colère.
« Tomi.. S'il-te-plait.. » Tenta Simone pour calmer son fils, en vain.
« Non pas s'il-te-plait ! Combien de temps j'vais devoir rester ici ? Et comment j'vais faire pour le lycée !? Et mes cours hein ! Qu'est-ce qu'ils vont penser les autres au bahut !? » Tom avait crié tout ça alors que des larmes commençaient à devaler lentement ses joues creuses.
« Oula Oula, une question à la fois Tom ! » Lança Mathieu sous un ton ironique, histoire de calmer l'atmosphère tendue qui régnait dans cette chambre. « Déjà, tu es ici parce que tu as des problèmes et je pense que tu vois très bien de quoi je veux parler. Ensuite, je t'ai déjà dit que je m'appelle Mathieu et je suis une sorte d'accompagnateur, je suis là pour t'aider à reprendre une vie normale. Considère moi comme un infirmier ou plutôt un surveillant. Combien de temps tu vas rester ici ? Eh bien .. Tout dépend de toi là ! Tu vas arrêter momentanément les cours. Tu n'iras plus à l'école le temps que tu seras ici. Quant aux autres élèves, ils ne sauront pas que tu es ici. Seulement le directeur et les enseignants de ton lycée seront au courant des véritables raisons de ton absence. Voilà ! » Conclut Mathieu, toujours le sourire aux lèvres. « Tu es satisfait ou tu as encore d'autres questions dont tu voudrais me parler ? »
________Tom n'osait plus parler. Il se contenta d'un hochement de tête positif, signe que les réponses de Mathieu lui convenaient.
« Cool. Bon, alors maintenant tu vas me suivre, si tu veux bien. J'vais te faire visiter l'étage. C'est ok ? »
________Il secoua la tête une fois de plus.
« Moi je t'attendrais ici, je vais ranger les affaires que je t'ai emmené. » Adressa Simone à son fils, rassurée qu'il se soit enfin calmé.
________Tom acquiesça encore puis suivit Mathieu qui commençait déjà sa visite. Sa chambre se trouvait au niveau quatre. L'étage était uniquement constitué d'un large couloir, garni de plusieurs portes qui devaient certainement abriter les chambres des autres patients. Tom suivit son guide jusqu'à l'ascenseur où ils entrèrent tous les deux pour descendre enfin au premier étage du batiment. Ici se trouvait la cantine du centre que Mathieu lui présenta intégralement. Ils remontèrent ensuite au deuxiéme étage. Cette partie-ci était consacrée à toute la partie administrative, les bureaux en tous genres occupaient essentiellement cet étage. Pour finir, Tom suivit son infirmier au 3ème étage, l'avant dernier de l'immeuble. C'était là que se trouvaient les salles considérées comme les plus importantes. Il y avait une infirmerie, une salle de sport, une autre de jeux, une de repos, une salle apparemment reservée aux soins psychologiques et sociaux et bien d'autres pièces entiérement destinées au bien-être des internés. La visite terminée, Tom regagna sa chambre seul. Une heure s'était écoulée et Simone avait entièrement terminé son rangement. Tous les vêtements étaient sagement pliés dans leurs tiroirs, les casquettes parfaitement pendues au porte manteau, la guitare délicatement appuyée contre un des murs et quelques objets d'une utilité quelconque étaient entreposés sur le bureau.
________Tout. Simone n'avait rien oublié. Pourtant, il y avait bien quelque chose qui clochait dans cette chambre. Regardez autour de vous et vous verrez. Vous verrez, les souvenirs, les photos, les posters. Vous verrez, votre existence toute entière, ancrée dans ces quelques objets. Ici, il n'y a rien. Ni photos, ni posters accrochés au mur. Juste le vide, cette blancheur extrême qui vous brule les yeux. Le vide, puis Tom. C'était comme une nouvelle vie qui s'annonçait. Un renouveau plus terrifiant qu'excitant. Un autre chemin, qu'il ne voulait visiblement pas prendre, mais dans lequel il s'était deja engouffré. La nuit était maintenant tombée, laissant la noirçeur s'opposer à la lumière aveuglante de la pièce, dans un contraste façinant.
« Tom.. Il faut que tu t'habitues.. Je sais que ce n'est pas facile mais.. Tu es fatigué, et le couvre feu est à dix heures ici.. Alors, tu peux te détendre un peu. Si tu veux.. » Chuchota Simone, laissant doucement le silence reprendre sa place.
________Et Tom s'exécuta, sans opposer la moindre résistance ni plainte. De toute façon, il n'avait plus la force de grommeler, l'envie non plus. Puis, il faut avouer que c'était tellement vrai. Il était fatigué, épuisé. Anormalement épuisé. Sans grande conviction, il prit un bas de jogging ainsi qu'un boxer pour finir par s'enfermer dans la salle de bain. Il enfila nonchalamment ses habits, évitant soigneusement son reflet dans le mirroir qui ornait le mur de la salle d'eau. Reflet qu'il voulait fuir à tout prix. Par crainte, mais surtout par lâcheté. La lâcheté de ne pas voir les choses tel qu'elles sont. Une fois prêt, il sortit, vêtu d'un simple bas et s'allongea mollement sur le lit qui s'offrait à lui. Simone se contentait de regarder tendrement son fils, tandis que celui-ci se perdait déjà dans ses pensées. Il revoyait sa journée. Sa folle journée.. Son réveil agité, ainsi que les deux hommes qui l'accostèrent jusqu'à leur grande voiture, sa mère en pleurs à côté de l'automobile, puis la voiture qui démarre, le trajet horriblement silencieux, et l'arrivée au centre.. Vraiment, cette journée restera à jamais dans sa mémoire, comme la soirée la plus sordide de toute sa vie.. Après ce fameux soir. Ce fameux soir où tout a dérapé. Ce fameux soir qui n'aurait jamais du exister.
________C'est sur ces tristes pensées qu'il s'endormit, dans ce lit qui n'était pas le sien, au milieu de meubles qui n'étaient pas les siens, dans cette chambre qui n'était pas sienne. Abandonné à ses cauchemars. Ces cauchemars qui, eux, lui appartenaient. Qui lui appartiendront jusqu'à la fin.
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Fin .___
Putain mais .. C'est Nuul T__T .
J'ai reécris ce chapitre TROiS fois D: ! Tout ça pour .. ça.
Gé - G0U - Té .__.
M'enfin, j'veux quand méme vos avis (a) .
Merci bcp a ceux qui ont eu la bonté de lire jusqu'au bout e.e
Enfin voila .. J'arréte de me descendre toute seule :0 .
MEEERCii A VOUUS *___* .
Gros Bisous ♥ Chou